Mohamed Ali Eltaher
 

Biographie

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LA ROUTE VERS L’ÉGYPTE

Eltaher arrive pour la première fois en Égypte en mars 1912 à Port Saïd, en provenance de Jaffa, dans une barque de pêcheurs. L’Égypte en ces temps était alors régie par le khédive, ou vice-roi, Abbas Helmi II7.

Par la suite, à cause de son activisme patriotique surtout postérieur à l’occupation de la Palestine conquise des Ottomans par les Britanniques pendant la Première Guerre mondiale, il est emprisonné par les autorités égyptiennes le 15 septembre 1915, agissant au nom des Britanniques, alors les véritables maîtres de l’Égypte. Il est d’abord incarcéré à Alexandrie puis à Giza, près du Caire. Éventuellement libéré en 1917, il demeure en Égypte. Son objectif  consiste à exposer les doléances de la Grande Syrie suite à sa division par la Grande-Bretagne et la France en plusieurs pays, qu’elles se sont partagées selon l’accord secret de Sykes-Picot qu’elles ont signé pendant la guerre. Eltaher se propose particulièrement d’avertir les Arabes, suite au dévoilement de la Déclaration de Balfour de 1917, des intentions qu’a la Grande-Bretagne de remettre la Palestine au Mouvement sioniste européen afin de transformer le pays en foyer national juif.

En Égypte, Eltaher mène sa lutte avec sa plume et ses talents d’écrivain. Après tout, ses écrits étaient bien connus dans les pays du Levant, vu qu’il avait contribué dès sa jeunesse en Palestine des articles qu'il écrivait et envoyait à partir de Jaffa à plusieurs journaux de Damas et Beyrouth. En 1914, quelques années avant que ne soit connue l’existence de la Déclaration de Balfour, un journal publié à Beyrouth appelé “Fata Al-Arab” (Le jeune arabe) publie un article d’Eltaher dans lequel il lance un cri d’alarme quant à la création d’un foyer national pour les Juifs8 en Palestine. Il prévoit spécifiquement que la nouvelle entité serait connue sous le nom “d’Israël”. Eltaher continue de publier des articles sur la situation en Palestine, alors sous occupation militaire britannique, et quelques uns de ses articles sont publiés dans les journaux du Caire. Paradoxalement, l’Égypte jouit d’une certaine liberté d’expression pendant ces années de colonialisme britannique, poliment appelé “protectorat”, grâce à la composition multiculturelle et multi-ethnique du pays en plus de son ouverture sur le monde.

Afin de pouvoir survivre au début de son séjour en Égypte, Eltaher ouvre une petite boutique dans le quartier El-Hussein du Caire près de la prestigieuse mosquée d’El-Azhar. Il y vend de l’huile d’olive importée de sa ville natale Naplouse, un centre alors bien connu pour sa production d’huile d’olive. En peu de temps, la petite boutique devient un lieu de rencontre choisi des nationalistes égyptiens et de leurs confrères venant de divers pays du monde arabe et islamique occupés par des puissances coloniales européennes variées et ayant élu de prendre asile en Égypte.

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