Mohamed Ali Eltaher
 

Biographie

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DAR ASHOURA18

Depuis le premier jour de la publication de son premier journal “Ashoura” en 1924, la maison “Ashoura” était devenue le point de rencontre de personnes qui s’étaient enfuies de leur pays soit sous occupation coloniale, soit en proie à un régime autoritaire. La plupart de ceux qui se trouvaient maltraités, poursuivis, ou dont le pays était occupé par d’autres et qui cherchaient la sécurité d’un refuge allaient généralement en Égypte, dont le peuple accueillant a toujours joui d’une longue tradition d’hospitalité. Tous ces réfugiés politiques à la recherche d’asile se rencontraient à “Dar Ashoura” sans rendez-vous préalable. Tout le monde savait que la porte leur était ouverte chaque jour de 19 heures à 21 heures, et qu'ils pouvaient même ajuster leurs montres sur cette base. Déjà depuis 1925, c’est à dire plusieurs années avant la fondation d’ “Ashoura”, on pouvait voir des nationalistes syriens de toutes les appartenances politiques rencontrer des confrères palestiniens et d’autres qui ont été contraints d’abandonner leur patrie par les puissances coloniales, le tout sous la tutelle de Mohamed Ali Eltaher.

En compagnie de l'Émir Chakib Arslan, personnalité Druze Libanaise renommée et nationaliste pan islamique; Kamel Kilani, le célèbre auteur égyptien de contes pour enfants, et Mohamed El-Hehyaoui, éditeur-en-chef du journal égyptien "Al-Omma". À noter le chat d'Eltaher étendu au dessus de la radio dans les anciens locaux d'Ashoura au Caire en 1939.

À “Dar Ashoura” on pouvait rencontrer des poètes irakiens tels que Jamil Sidqi Al-Zahawi, des historiens comme Ahmad Ezzat Al-Azami, ou bien des chroniqueurs politiques comme Rafael Butti. Un visiteur fréquent était le leader yéménite Ahmad Mohamed Noman, qui est devenu après plusieurs années premier ministre de son pays. On y trouvait des gens comme le leader nationaliste musulman des Indes Maulana Shawkat Ali, et des ulémas comme Ajmal Khan.

Haji Agus Salim, premier Ministre des affaires étrangères en Indonésie après l'indépendance, en compagnie d'autres nationalistes indonésiens à “Dar Ashoura” au Caire en 1946

On pouvait rencontrer des visiteurs venant d’Extrême Orient comme le Dr. Sutomo d’Indonésie, de même que d’autres parmi ses compatriotes tels que le Général Abdul Haris Nasution, le Vice-président de l'Indonésie Dr. Mohamed Hatta, ainsi que Ahmad Subarjo, Mohamed Rachidi et Zein Hassan, qui sont tous deux devenus des ambassadeurs de l’Indonésie en Égypte après l’indépendance de leur pays. On pouvait croiser Abduljalil Hassan qui est devenu mufti (chef religieux musulman) des Malais (aujourd’hui la Malaisie) et doyen de son université, et le leader afghan et futur ministre plénipotentiaire Sadeq Al-Mujaddedi, ou même Ibrahim Al-Saqqaf, leader de la communauté musulmane de Singapore. Ceux-ci, ainsi que des dizaines d’autres, ont trouvé à “Dar Ashoura” un rapport immédiat avec des amis, des camarades, des compagnons, des connaissances, et des supporters.

Plusieurs écrivains égyptiens, journalistes et poètes de grande renommée fréquentaient le "salon" animé d'Eltaher régulièrement. On y voyait par exemple Wadie Philistin , le grand auteur égyptien, homme de lettres arabe et ancien professeur à l'Université américaine du Caire. Celui-ci continue de publier jusqu'à nos jours des articles traitant de la littérature égyptienne et Arabe. On y rencontrait aussi le fameux Ali Ahmad Bakathir, dont plusieurs de ses oeuvres ont été présentées sur la scène de l'opéra royal du Caire.

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