Mohamed Ali Eltaher
 

Biographie

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L’ENLÈVEMENT DE L’ÉMIR ABDELKRIM DES MAINS DES FRANÇAIS

Le récit de l’enlèvement de l’Émir (i.e. prince) Abdelkrim El-Khattabi40 des mains de ses capteurs français a été raconté dans plusieurs livres arabes et français41 quoique avec des scénarios différents et des détails variés. Le rôle de “vedette” derrière le rideau dans cette aventure a été attribué à plusieurs personnes ou parfois approprié par d’autres. Cependant, aucune présumée “vedette” ou aucun narrateur n’a jamais révélé les sources de son histoire, sauf peut être dans un livre et dans deux articles de presse. Ce livre est “Zalam El-Segn”, qui fut publié par Mohamed Ali Eltaher au Caire en 1951. Les journaux sont: “Al-Hayat”, publié à Londres le 5 mars 1995, et “Asharq Al-Awsat”, également publié à Londres les 11 et 12 juillet 1993. “Al-Hayat” avait aussi publié le récit de l’enlèvement d’Abdelkrim tel qu’écrit par Eltaher lui-même dans son édition du 7 juin 1962, lorsque le journal était encore publié à Beyrouth.

Le récit reproduit et décrit ci-après est aussi raconté par Eltaher dans ses livres “Khamsouna Aaman fil Qadaya Al-Arabeyya” et “Zalam El-Segn”, ainsi que dans les articles susmentionnés, de même que dans la biographie de Karim Thabet Pacha, conseiller de presse du roi Farouk d’Égypte, qui connaissait très bien Eltaher42.

Abdelkrim lors de sa capture
en 1926

“Abdelkrim est né en 1881 dans la région du Rif au nord du Maroc le long de la côte méditerranéenne. Sa famille provenait des tribus berbères des Ouriaghl. Dès sa jeunesse il avait combattu l’occupation espagnole dans le nord du Maroc, pendant que les autres nationalistes marocains luttaient pour libérer le reste du pays du colonialisme français.

“La bataille d’Anoual en 1921 entre les forces d’Abdelkrim et celles du général Manuel Fernandes Sylvestre, commandant des forces coloniales espagnoles fut la bataille décisive au cours de laquelle Abdelkrim vainquit son ennemi, tuant quelques centaines de soldats et en constituant d’autres comme prisonniers de guerre. Par la suite, Abdelkrim élargit son champ d’opérations vers le centre du Maroc, ce qui a alarma et les Français et les Espagnols, qui redoutaient le danger qui s’annonçait. La France décida donc d’envoyer des troupes pour appuyer les espagnols et réussit à capturer Abdelkrim et à l’emprisonner. En 1926. la France l’exila éventuellement, lui et tous les membres de sa famille, dans l’île de la Réunion dans l’océan Indien, où ils sont restés jusqu’en 1947”43

Les circonstances de sa capture ont influencé le cours de l’histoire moderne du Maroc, surtout après qu’il eut déclaré la république dans les régions du nord du pays. Le reste du Maroc, quant à lui, était sous occupation française, tout en étant officiellement sous le règne de la dynastie Alaouite à laquelle appartient l’actuel roi Mohamed VI.

Au Caire, depuis les années vingt, Eltaher gardait le contact avec les mouvements nationalistes du Maghreb en Lybie, en Tunisie, en Algérie et au Maroc. Il maintenait aussi une vive amitié et une camaraderie avec les dirigeants des mouvements de libération dans ces pays, y compris Abdelkrim, même si les deux hommes ne s’étaient jamais rencontrés auparavant. Eltaher publiait constamment les nouvelles et péripéties de la révolution du Rif et du mouvement de libération du Maroc dans son journal et dans les livres qu’il rédigeait.

Le 23 mai 1947, Eltaher recevait un télégramme provenant d’Abdo Hussein Eladhal, un personnage bien connu de la banlieue de Sheikh Osman près d’Aden, maintenant au Yémen. Dans son télégramme, traduit ci-après, Eladhal écrivait: “L’Émir Mohamed Abdulkarim Alkhattabi a quitté Aden le 23/5/47 sur le SS Katoomba. Signé: Eladhal”.

Le télégramme, tel que reçu par Eltaher, est reproduit ci-après.

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